jeudi 9 octobre 2008
JURA
Les anti-TGV prennent de la vitesse
La sauce « Actif en Bresse » a pris dans le Jura. L'association de Saône-et-Loire, engagée dans la lutte contre le projet de Ligne à grande vitesse Rhin-Rhône (LGV) depuis six ans, a fait des petits. La dernière-née, l'association Jura Actif, créée il y a à peine une semaine, organisait lundi soir sa première réunion publique, dans la salle polyvalente de Courlaoux.
Et alors qu'on s'attendait au vrai flop ou à une soixantaine de personnes dans l'assistance, ce sont plus de cent Jurassiens qui se sont présentés, dont trois maires (ceux de Lombard, Petit-Noir et Saint-Didier), fermement opposés à la LGV. Et 55 personnes de Courlaoux, Lombard, Saint-Didier et Saint-Genis en majorité, sont reparties avec leur carte d'adhérent. Une mobilisation « inespérée » pour les nouveaux chefs de file du « Non à la LGV » dans le Jura, prêts à faire bloc aux côtés de leurs homologues de Saône-et-Loire, mais aussi de l'Ain, qui ont commencé à embrayer à leur tour il y a quelques semaines.
Une montée en puissance;
Car depuis juin, le projet de branche sud de la LGV, qui se connectera à la branche est en construction autour de Dijon, pour relier Dole à la région lyonnaise, semble monter en puissance : sur les trois fuseaux retenus, l'un se retrouve côté Jura, un fuseau longeant l'A39, même s'il est encore loin d'être définitif. Et Réseau ferré de France (RFF) a relancé son « lobbying » auprès des maires des communes touchées : des courriers demandant un avis (rapide) ont été envoyés et les entretiens se multiplient : lundi soir, tandis que se tenait la réunion publique de Jura Actif, le maire et son conseil recevaient, en simultané et dans la salle voisine, un représentant de RFF. Sans oublier un cycle de réunions interdépartementales qui démarrera vendredi, pour présenter l'avancement des études et les trois fuseaux proposés à tous les acteurs du Doubs, Jura, Côte-d'Or, Saône-et-Loire, Ain et du Rhône. « On en est encore à la phase des études, explique-t-on à RFF. De telles rencontres avaient déjà été organisées fin 2007, pour prendre l'avis des acteurs locaux. Suite à ce travail, les projets ont été peaufinés et précisés. On revient prendre leur avis pour arrêter l'un des trois fuseaux, pour transférer le dossier au Ministère en janvier 2009. » D'où la mobilisation jurassienne : « Quand on n'est pas concerné, on s'intéresse peu au problème, reconnaissent les membres fondateurs de Jura Actif. Mais quand on apprend qu'un TGV va peut-être passer dans son jardin, ça change tout ! » Le président, Sébastien Paget, informaticien de Courlaoux, définit ainsi les « Jura Actifs » : « On est des citoyens comme les autres, qui se retrouvent touchés par un projet et décident de se faire entendre. On n'est pas des « anti-rail », mais on veut faire savoir que ce projet est une aberration. Si on se bouge tous, on peut le renvoyer au placard ! Il faut mettre la pression sur nos élus et accrocher des banderoles sur nos maisons ! »
Delphine Givord
le journal d'Actif en Bresse :
