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société...

Publié : 15 mars 2010 01:45
par Flo
Grande première en Inde : Monsanto avoue l’échec de son coton Bt

Samedi dernier, le géant des semences OGM Monsanto annonçait une nouvelle fracassante : les insectes contre lesquels était censé lutter son coton Bt ont développé des résistances à l’insecticide secrété par cette plante génétiquement modifiée. De ce fait, les centaines de milliers d’agriculteurs, petits paysans qui ont depuis plusieurs années adopté cette variété de coton sont désormais contraints d’utiliser une quantité grandissante de pesticide. Greenpeace avait depuis longtemps annoncé les risques de résistance que pouvaient développer les insectes ciblés. Et ce, pas uniquement pour ce coton mais aussi pour de nombreuses variétés d’OGM comme par exemple le maïs MON 810.

La nouvelle a été relayé dans un article du journal indien « The Hindu ».

Cette découverte est issue d’une étude de terrain menée sur les cultures de coton Bt dans l’état du Gujarat (à l’ouest de l’Inde) révélant que ces cultures ne résistaient plus aux attaques du papillon ravageur contre lequel le coton Bt avait été initialement conçu.

Monsanto soutenait jusqu’alors qu’ « il n y avait jamais eu de cas avéré de baisse des rendements de cultures de coton ou de céréales Bt attribuable à la résistance d’un insecte ». C’est chose faite.

Mais les soucis du coton Bt ne s’arrêtent pas là. Il y a quelques semaines, un scientifique plutôt pro OGM de l’Institut Central de recherche sur le coton de Nagpur, le Dr Kranthi, déclarait que le coton Bt avait contribué à l’augmentation de l’utilisation de dangereux pesticides et que d’autres insectes détruisaient maintenant les cultures. On peut imaginer sans mal la situation désespérante dans laquelle sont plongés les agriculteurs, forcés après avoir adopté le coton BT de s’endetter pour utiliser encore plus de pesticides.

Mais Monsanto a une solution ! Suite à cet aveu d’échec, ils sont allés jusqu’à conseiller aux agriculteurs concernés d’utiliser leur tout nouveau produit nommé Bollguard 2, qui permettrait de retarder l’apparition de la résistance des insectes. Comme quoi la firme américaine a toujours une longueur d’avance, pour fournir des solutions toujours plus onéreuses à ses clients.

Après le récent moratoire indien sur l’aubergine Bt, il semble que les performances mirifiques de cette technologie soit quelque peu remises en cause.

Re: textes & diatribes écologistes

Publié : 18 mars 2010 15:17
par Flo
17/03/2010
Le Conseil d'Etat frappe un grand coup dans la campagne des régionales en Alsace

POLITIQUE - Difficile de trouver un projet plus clivant que celui du grand contournement ouest de Strasbourg (GCO). L'UMP est pour cet axe autoroutier payant censé désengorger les accès à la capitale alsacienne, le PS et Europe Ecologie sont contre. Et voilà que pile au milieu de l'entre deux tours des élections régionales, le Conseil d'Etat rend une décision attendue de longue date et confirme la déclaration d'utilité publique, qui avait été attqauée par des associations. Ce faisant, il prend le contre-pied de l'avis émis par le rapporteur public et verse de l'huile sur le feu d'une campagne électorale plus serrée que jamais.

Le Collectif GCO Non Merci, qui avait attaqué la déclaration d'utilité publique, réagit vivement à la nouvelle. "Les conclusions du rapporteur - qui est, dans la grande majorité des cas, suivi par les juges - étaient pourtant accablantes et rejoignaient sur de nombreux points les arguments du collectif", écrit-il dans un communiqué : "Intervenant à quatre jours du deuxième tour des élections Régionales et dans un contexte de forte pression exercée sur le Conseil d’État par les lobbies du BTP, via la CCI, cette décision incompréhensible ne fait que renforcer notre détermination. Cette autoroute à péage ne désengorgera pas l’agglomération strasbourgeoise, n’améliorera pas les flux de grand transit dans le Bas-Rhin, coûtera d’une manière ou d’une autre de l’argent public, argent qui manquera cruellement à la mise en place des bonnes solutions".

Le collectif, qui regroupe des élus, des agriculteurs et des associations, dénonce un "projet prédateur de près de 400 ha de terres agricoles fertiles, incohérent avec les enjeux énergétiques, climatiques, de santé publique et qui réduit à néant les espoirs mis dans le Grenelle de l’environnement". Les Verts alsaciens font part de leur "consternation" tandis que la député européenne Sandrine Bélier (EE) évoque un "déni de démocratie qui fait fi de la mobilisation populaire".

Les partisans du GCO estiment qu'il permettra de désengorger la traversée de Strasbourg en déviant le trafic de transit de l'axe nord-sud, et évitera les bouchons aux heures de pointe, améliorant ainsi la qualité de l'air. "Je suis particulièrement satisfait par cette décision qui va permettre de redonner de l’air à Strasbourg", dit ainsi le député UMP de Strasbourg Jean-Philippe Maurer : "Cette décision redonne confiance en la capacité de l’Alsace d’aller de l’avant. Force est à la loi et à l’intérêt général ! Il faut maintenant lancer les opérations au plus vite pour donner un signal fort à tous les Alsaciens".

Au mois de janvier, lors de l'audience, le rapporteur public s'était prononcé pour l'annulation de la déclaration d'utilité publique.

"Si les requérants contestent l'impact positif escompté en matière de développement économique et de sécurité, et s'ils mettent en doute les évaluations proposées en matière d'évolution et de report du trafic, leurs affirmations ne sont pas assorties d'éléments suffisants pour en apprécier le bien-fondé", note le Conseil d'Etat, qui dans les quatorze pages de sa décision réfute tous leurs arguments.

Joint mercredi après-midi, Jacques Bigot (PS), qui mène la liste fusionnée des socialistes et d'Europe Ecologie, redit son opposition au projet. "C'est un coût très important pour un usage sans doute faible qui ne résoudra pas du tout l'engorgement de Strasbourg. L'Etat attend des garanties financières des collectivités. Mais la communauté urbaine de Strasbourg (qu'il préside, ndlr) ne participera pas et si nous sommes aux affaires à la région, nous ne participeront pas." Bigot relève par ailleurs que "la décision du Conseil d'Etat ne contraint pas forcément l'Etat à faire le GCO".

Au sein du collectif GCO Non Merci, on s'interroge sur le calendrier du Conseil d'Etat. "En temps normal, il met trois semaines pour rendre son avis", note le maire sans étiquette de Griesheim-sur-Souffel, René Wunenburger. Parfois cinq ou six. Là, il a attendu l'entre deux tours pour rendre sa réponse. Est-ce un hasard ou est-ce téléguidé ?" Dans les rangs de l'UMP, on se dit "les premiers surpris" : "On était parti sur le fait que la décision serait rendue après le scrutin et qu'elle irait dans le sens de l'annulation" préconisée par le rapporteur public. "Maintenant, c'est le GCO qui va faire les élections régionales. Elles vont se transformer en en referendum pour ou contre le GCO...".

Difficile de pronostiquer quel impact aura cette décision sur le second tour. Provoquera-t-elle un sursaut de participation dans les secteurs concernés à l'ouest de Strasbourg ? Un regain d'intérêt des automobilistes qui subissent les bouchons ? Partisans et adversaires du GCO ont en tout cas à disposition une liste pour et une autre contre. "Les habitants de ma commune savent très bien le combat que je mène en leur nom contre le GCO, glisse René Wunenburger. S'ils sont conséquents avec le mandat qu'ils mon confié..."

Sur ce terrain sensible, la tête de liste UMP, Philippe Richert, commente avec prudence. Il s'étonne lui aussi du calendrier et le regrette : "L'instance suprême est indépendante, mais il est surprenant qu'elle ne tienne pas compte des autres échéances". Sur le fond, il estime que "le Conseil d'Etat a simplement confirmé la déclaration d'utilité publique. Ce n'est rien d'autre que ça, et ce n'est pas la décision de lancer les travaux". Il évoque enfin, s'il est élu dimanche, "une nouvelle phase de discussion (qu'il s'engage) à mener notamment avec les élus locaux".

T.C.

Mercredi, Alsace nature et quatre autres associations écologistes ont déposé deux recours contre le préfet de la région Alsace sur un projet de plateforme d'activité sur les zones de survie du grand hamster, un rongeur menacé d'extinction, en dénonçant une gestion "catastrophique" du problème. Ces zones sont à peu près les mêmes que celles concernées par le projet de GCO

Re: textes & diatribes écologistes

Publié : 27 mars 2010 11:54
par mister jack
Besançon lance la redevance liée au poids

La communauté d'agglomération du grand Besançon (CAGB) a annoncé hier la mise en place d'ici 2012 de la « redevance incitative à la pesée » pour l'enlèvement des ordures ménagères, une première en France dans une agglomération de plus de 50 000 habitants. La redevance liée au poids sera constituée pour chaque usager d'une part fixe (50 % du coût de la redevance), d'une part variable calculée selon le poids des déchets (40 %) et d'une seconde part variable qui prend en compte la fréquence d'enlèvement des ordures par les entreprises agrées.

Cette redevance augmente ou diminue en fonction du poids des ordures, qui seront pesées par des véhicules de collecte équipés à cet effet, lors de chaque ramassage. « L'objectif de la redevance incitative embarquée est de favoriser la réduction des déchets et leur recyclage », déclare Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon et président de la CAGB.

Pour faire baisser le poids de ses poubelles, chaque usager est invité à trier ses déchets en amont. Papier, verre, plastique et autres matériaux recyclables peuvent être déposés dans les containers prévus à cet effet, déjà en place depuis plusieurs années dans la CAGB.

« La CAGB (180 000 habitants) est la première communauté d'agglomération de plus de 50 000 habitants à mettre en place une redevance incitative en générale et à la pesée en particulier », explique Jean-Pierre Taillard, vice-président de la CAGB chargé de la gestion des déchets ménagers et maire d'Avanne-Aveney dans le Doubs.

Source : http://www.leprogres.fr/fr/region/le-ju ... poids.html

Re: société, société, tu t'laisses aller

Publié : 29 mars 2010 00:51
par Flo
L’histoire des Choses par Annie Leonard
Créé en 2007, le film pédagogique "The story of stuff" a été vu des millions de fois sur le web dans 224 pays. Il est aujourd’hui utilisé dans de nombreuses écoles. La narratrice Annie Leonard est une ancienne employée de Greenpeace, elle retrace avec des schémas simples et des dessins le cycle de vie de nos biens de consommation et met en lumière l’absurdité de cette société de consommation, où seulement 1% de ce qui a été produit est encore en usage six mois après, produisant plus de frustration que de satisfaction. Véritable phénomène mondial, découvrez la vidéo sous-titrée en français (durée 20 mn) avant la sortie du livre prévue aux Etats-Unis le 9 mars 2010.

Re: société, société, tu t'laisses aller

Publié : 09 avr. 2010 10:51
par Flo
Depuis le début de la crise, les Etats ont injecté environ 9350 milliard de dollars dans les banques pour les "sauver".
Sur la même période, le patrimoine cumulé des 1000 personnes les plus riches du monde (classement du magazine Forbes), a progressé de 50% pour atteindre 3600 milliards.

Re: société, société, tu t'laisses aller

Publié : 18 avr. 2010 22:29
par mister jack
Documentaire sur le futur du recyclage diffusé sur France 3 le 20 Avril 2010

Matières plastiques, résidus électroniques, médicaments absorbés puis rejetés dans les eaux usées, molécules indestructibles issues des nano-technologies… Les déchets posent un problème de plus en plus grave à notre société de consommation. Ils ne sont pas seulement encombrants ou nauséabonds. Enterrés, ils se dissolvent dans nos nappes phréatiques, et nous finissons par les boire. Incinérés, ils risquent de se répandre dans l’atmosphère, et nous finirons par les respirer. Dans tous les cas, à long terme, leur accumulation nous empoisonne.

Mais la planète n’est pas condamnée à se transformer en poubelle géante. Aux quatre coins du Globe, la course est engagée pour créer un monde plus propre, où les déchets peuvent devenir des ressources, et remplacer avantageusement des matières premières de plus en plus rares. Les décharges d’aujourd’hui sont peut-être les mines de demain.

Le documentaire de Martin Meissonnier et Pascal Signolet dépasse donc le constat alarmiste, et dresse un inventaire optimiste des solutions d’avenir… Certaines sont très simples : le compostage des déchets alimentaires au pied des immeubles, ou la chasse au suremballage dans les supermarchés. D’autres sont plus surprenantes, comme cette usine d’Anvers où les cartes d’ordinateurs sont transformées en lingots d’or. D’autres encore paraissent vraiment douteuses, comme la transformation des ordures en îles artificielles, dans la baie de Tokyo.

Sur un ton à la fois pédagogique et ludique, le film nous fait voyager de Barcelone à l’Alsace, des rives du lac Léman à Glasgow en passant par Anvers, et jusque dans les laboratoires de l’agence spatiale européenne. En 1h30, on y part à la rencontre de scientifiques, d’élus, d’entrepreneurs ou de simples citoyens qui se mobilisent, chacun à leur niveau, avec passion, courage, et souvent beaucoup d’humour. On y apprend que les avions peuvent se réincarner en trottinettes, qu’on peut bâtir des maisons à partir de pneus recyclés et détecter les dégazages sauvages grâce à des carpes à tête chercheuse… Preuve qu’il existe au moins une ressource vraiment inépuisable, et 100% recyclable : le génie humain.

« Ma poubelle est un trésor » sera diffusé lors de la journée de la Terre, le Mardi 20 Avril à 23h30 sur France 3.

Re: textes & diatribes écologistes

Publié : 26 avr. 2010 15:50
par mister jack
voici quelques carte qui peuvent amener à réflechir

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Re: textes & diatribes écologistes

Publié : 26 avr. 2010 23:16
par Franck
très intéressant, mais pas très lisible tel quel.

société...

Publié : 26 avr. 2010 23:25
par Flo
c'est de la censure :D

ça m'a quand même l'air plus dans le rouge qu'autre chose tout ça :surpris:

société...

Publié : 08 mai 2010 16:29
par mister jack
« Pesticides et santé » : un rapport complaisant et partisan
http://www./liberation.fr

Le 27 avril 2010 paraissait un rapport émanant de l’'Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques sur le thème « pesticides et santé ». Les deux auteurs du rapport s'’appellent C. Gatignol, député UMP de la Manche, et JC Étienne, sénateur UMP de la Marne.

Le MDRGF, via F. Veillerette, avait été convié, il y a plus d’'un, au comité de pilotage de ce dossier... auquel nous avons été invité une seule fois ! Fort de notre présence, nous avons cependant alimenté copieusement les rapporteurs de nombreuses études montrant un lien entre utilisation des pesticides et effet sur la santé.

En juillet 2009, nous avons reçu un pré-rapport totalement partisan et pro-pesticides que F. Veillerette s'’est fait fort de démonter point par point ensuite plus de nouvelles jusque ce jour du 27 avril 2010 où par le plus grand des hasards on apprenait que Messieurs les rapporteurs donnaient une conférence de presse le soir même pour rendre public leur rapport !

Tout est fait dans ce rapport pour justifier l'’emploi des pesticides, en reconnaitre les intérêts même sanitaires ! Tout est fait pour amoindrir les usages importants qu'’en fait la France, les risques sanitaires de ces produits aussi bien pour les utilisateurs que pour les personnes exposées indirectement. On n’a de cesse de nous expliquer que le retrait de certains de ces produits poserait de gros problèmes aux agriculteurs, que ces mêmes agriculteurs n'’ont eu de cesse de faire moult et moult efforts pour réduire leur usage etc. Et de dire que les peurs du public concernant ces pesticides sont des peurs « émotionnelles » voire irrationnelles. En un mot circulez il n’'y a rien à voir !
Le hic pour les rapporteurs ? C’est que ce rapport est tellement grossier que finalement il s'’auto-disqualifie et que la presse se rit d’'un tel argumentaire complaisant...

comme le prouve l'article de Libération ci après :

"Le texte des rapporteurs UMP est révélateur du rétropédalage de la droite sur les objectifs du Grenelle."
Liberation 4 mai 2010 - Par ELIANE PATRIARCA

Le timing est parfait. Mercredi dernier, une semaine avant l’'examen à l'’Assemblée de la loi Grenelle 2, l'’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) rend public un rapport sur «les pesticides et la santé» (1). 200 pages qui pourraient faire rire tant elles sont tendancieuses.

Après une ode aux pesticides, les rapporteurs, Claude Gatignol, député UMP, et Jean-Claude Etienne, sénateur UMP, dévoilent, pages 38-39, l’'objet de leur mission : affirmer que l'’engagement du Grenelle de l’environnement de diviser par deux l’'usage des pesticides en dix ans est dangereux. Tout en soutenant que les
risques pour la santé de l'’exposition aux pesticides sont surestimés, ils mettent en garde le gouvernement contre une réduction trop brutale qui mettrait en péril «un pan entier de notre économie», entraînerait «une plus grande sensibilité des cultures aux aléas parasitaires et donc une probable diminution des rendements ; une hausse des prix agricoles ; la possible disparition de nombreuses productions de fruits et légumes ; et des phénomènes de résistance des ravageurs».

La messe est dite. On est loin du discours de Nicolas Sarkozy, période verte, le 25 octobre 2007 : «L’'agriculture est un enjeu majeur. Alors nous ne voulons pas d’'une agriculture qui épuise nos sols, d’'une agriculture qui utilise de façon croissante des produits chimiques dangereux.» Le président de la République évoquait une révolution dont il ne mesurait visiblement pas l'’ampleur dans un pays qui reste le premier producteur agricole européen, mais aussi le principal consommateur de pesticides en Europe et le quatrième au niveau mondial.

«Détricotage». Membre de l’OPECST, Marie-Christine Blandin, sénatrice verte du Nord, dénonce «la pitoyable tentative» des deux rapporteurs de «légitimer le détricotage du consensus de réduction de 50% des pesticides prévu à l’'horizon 2018». «Ce texte a été adopté avec moins de 10 présents sur les 36 membres de l’OPECST !» s'’indigne-t-elle. La sénatrice stigmatise un «complaisant éloge des
pesticides qui auraient sauvé le monde de la faim» et un texte qui, «au passage, en profite pour faire la promotion des OGM».

François Veillerette, qui anime le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), a été auditionné par Claude Gatignol et Jean-Claude Etienne. «Lorsque j'’ai reçu le rapport préliminaire en juillet dernier, j’'ai fait un commentaire très sec, point par point. Depuis, aucune nouvelle. C'’est incidemment que j'’ai appris la publication du rapport définitif.» Voilà qui relativise le tant vanté «processus participatif» du Grenelle. «C’'est un rapport politique et non pas scientifique, dénonce François Veillerette. Les rapporteurs n'’ont même pas tenu compte de la méta-étude canadienne (2) qui fait la revue des études épidémiologiques publiées depuis dix ans : 88% d'’entre elles établissent un lien entre pesticides et cancer ; 85% un lien avec d'’autres pathologies, notamment les
maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson, les problèmes de reproduction et de fertilité »

Le militant écologiste n'’est pas surpris. «Depuis 2007, notre mouvement a joué le jeu du Grenelle. Sans illusions. Au début des réunions de travail, le lobby de l’'agrochimie, représenté par l'’Union des industries de la protection des plantes et la FNSEA, le principal syndicat agricole, ont été obligés de courber la tête.
Mais depuis, ils n'’ont cessé de regagner du terrain. Et le rapport de l’'OPECST se situe dans le droit fil de la déclaration de Sarkozy au Salon de l’'agriculture "l’'environnement ça commence à bien faire."

François Veillerette souligne une «série de renoncements» :
«L'’article qui prévoyait l'’interdiction de la publicité pour les pesticides à usage domestique a été abandonné ; l’'interdiction de l'’utilisation de pesticides dans les lieux qui accueillent du public (jardins, parcs, écoles) semble remise en cause. Il y a aussi le cas des "préparations naturelles peu préoccupantes", comme le purin d'’ortie, que le ministère de l'’Agriculture persiste à considérer comme des phytosanitaires, ce qui soumet leurs concepteurs à des contraintes d’'homologation si coûteuses que leur utilisation s’'en trouve empêchée.»

«Recherche.» Selon le président du MDRGF, «l’'objectif de réduction de 50% des pesticides est tout à fait envisageable en France, en favorisant la recherche agronomique et en agissant en priorité sur les céréales et la viticulture, qui représentent 80% de la consommation de pesticides». Politiquement, c’'est une autre affaire : «Le système agro-industriel qui privilégie actionnaires et banquiers et fait disparaître une exploitation agricole toutes les vingt minutes en France prédomine sur les préoccupations environnementales et sanitaires», estime-t-il.

(1) Consultable en ligne sur le site de l’'Assemblée nationale
(2) Base de données Medline 2007, études épidémiologiques publiées entre 1992 et 2003.