
Thierry GROSJEAN
Président
Communiqué
Participez au débat public sur la RCEA
La commission nationale de débat public ( CNDP) a décidé le 7 avril 2010 d’organiser un débat public sur le projet « d’accélération de la mise à 2X2 voies de la RCEA entre Montmarault, Mâcon et Chalon S/S…par la création d’une section autoroutière à usage payant.
Ce débat public devrait se dérouler à l’automne 2010 pour la S&L et l’Allier. Il mettra en discussion ( ?) le passage d’un statut d’une route express à celui d’une autoroute, discussion portant sur les impacts économiques, sociaux et environnementaux du projet. Un questionnaire est disponible pour la public ( 1) qui est à retourner avant le 16 juillet ! Les modalités de participation et d’expression ultérieures, seront, elles, connues en septembre…
Heureusement, la CAPEN et d’autres associations n’ont pas attendu l’Etat et les lobbies pour engager ce débat. (2)
Il y a derrière ce projet la volonté affichée d’emblée d’une relance autoroutière en France, constituant un bras d’honneur à ceux pour pouvaient encore croire à la sincérité politique du Grenelle ou des positions gouvernementales lors du sommet de COPENHAGUE. Le Grenelle imposait à l’Etat de publier avant fin 2009 un Schéma National des Infrastructures de Transports ( SNIT), évaluant les critères écologiques, économiques, énergétiques de tout projet autoroutier ( et/ou autre, comme les LGV ferroviaires…) qui n’est toujours pas connu.
Une obligation méprisée par le ministère BORLOO sous la pression des lobbies qui inspirent le gouvernement, qui se presse d’autoriser tous les projets grenello-incompatibles afin d’éviter qu’une évaluation sérieuse puisse être portée à la connaissance d’un large public et non complaisamment formatée par un cercle restreint de « décideurs ».
Il n’y a donc aucune illusion à se faire sur l’honnêteté des intentions, sur le respect d’un processus démocratique de concertation d’une telle enquête publique. Pas même sur le respect des lois existantes dans ce domaine ( Convention européenne d’Aarhus ; Constitution Française ). Le Grenelle 2 est sur ce point révélateur de l’incohérence entre le dire et le faire qui touche autant l’Etat que la majorité des partis politiques (3). Comme pour la plupart des projets d’aménagement du territoire, le choix des dépenses est fait avant que les financements ne soient trouvés et le public consulté. Alors que l’on pérore sur la restriction des dépenses publiques et que les dettes s’accumulant seront payées par les contribuables et les ménages qui voient fondre leur acquis sociaux et s’éloigner l’âge de la retraite.
Le projet est validé sous sa forme autoroutière avant tout débat préalable. Il ne restera, soumis au débat public et la concertation que le choix de la couleur des ponts et les fameuses « mesures compensatoires » dont tout le monde sait aujourd’hui qu’elles ne sont qu’un leurre.
Cependant, il est important de participer à ce débat public le plus largement possible, ne serait-ce que pour en dénoncer la supercherie. Mais aussi pour exprimer notre volonté, populaire, massive, majoritaire de refuser dès maintenant le choix imposé de la mise en concession autoroutière et en démontrant qu’il y a d’autres choix possibles, moins coûteux, socialement équitables, plus sécurisants et respectueux de l’environnement.
T.GROSJEAN
1.
www.debatpublic-rcea.org
2.
www.agirpourlenvironnement.org et la plaquette « d’introduction au débat » de la CAPEN, disponible sur demande
3. La CAPEN est intéressée par l’avis des partis politiques qu’elle interrogera sur leur position.
