sans droit, sans papiers, avec déportation

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Re: sans droit, sans papiers, avec déportation

Message par Flo » 21 avr. 2013 18:28

Bonjour

Les arrêtés d'expulsion visant les étrangers se multiplient actuellement : à destination de familles avec ou sans enfants, de malades, de déboutés du droit d'asile - ou tout simplement de demandeurs d'asile dont la procédure n'est pas terminée, mais qui sont originaires de pays déclarés "sûrs" par l'Office Français de "Protection" des Rapatriés et Apatrides (OF"P"RA) et qui ne peuvent retourner là d'où ils viennent.
Aider tous ces gens à défendre leur droit à se maintenir ici pour y chercher la paix, la santé, l'instruction, et tout simplement une vie décente, faire que notre pays reste un pays solidaire, ouvert sur le monde, tout cela demande des moyens financiers, pour financer des avocats, des traductions, des frais de transport, etc ...

C'est pourquoi nous organisons une soirée exceptionnelle Cirque et Danse contemporaine

Bongo, acrobate et manipulateur d'objets, la compagnie Tocade proposant une danse contemporaine énergique et pétillante, 6 élèves acrobates de l'école de cirque de Beaune La Balle au bond, vont se succéder sur scène pour vous offrir une heure de spectacle dynamique et féérique au profit du Réseau Éducation sans Frontières Chalon.

mardi 30 avril
19h30
Auditorium du Conservatoire de Chalon sur Saône
8€/4€ gratuit moins de 10 ans

Réservations:
03 85 46 38 34
06 40 26 35 68

Renseignements:
www.resf71.com

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Message par Flo » 29 avr. 2013 23:11

Ce week-end, le président algérien Bouteflika s'est fait soigné en France.
Aujourd'hui, je reçois ce message de RESF... tout le monde ne serait pas traité de la même façon ? :roll:
RESF 71 a écrit :Alors que la loi française prévoit la protection des personnes étrangères malades (article L511-4 du CESEDA), AVEC L 'OBSERVATOIRE DU DROIT A LA SANTE DES ETRANGERS, nous dénonçons le scandale de la MENACE d'EXPULSION d'ETRANGERS gravement MALADES

Alors que François Hollande s'était engagé à abroger la scandaleuse loi Besson du 16 juin 2011 sur ce sujet, la machine s'emballe : refus de renouvellement de cartes et procédures d'expulsion s'intensifient comme jamais !

Pour ne citer qu'eux, dans notre seule région :

· Monsieur H. d’origine kurde, pris en charge pendant un an pour de multiples pathologies n’a pas eu de renouvellement de sa carte de santé bien qu’un cancer lui ait été diagnostiqué et soit en cours de traitement.
· Monsieur S, atteint d'une grave maladie, entré en France pour soins à l'hôpital Edouard Herriot à Lyon, est maintenant lui aussi assigné à résidence, et donc menacé d’expulsion à brève échéance. Prétexte : ce malade peut être soigné au Maroc.... ! Et pourtant, tout le monde sait qu’il ne pourra jamais bénéficier du traitement dans ce pays.
· Nataly , d'origine Ukrainienne, doit être opérée du dos....au mépris de ses souffrances physiques, (liées à son douloureux passé), elle a reçu une obligation de quitter le territoire..
LA VIE HUMAINE n’aurait-elle plus même valeur ? Le MINISTERE de la SANTE est-il subordonné au MINISTERE de l'INTERIEUR ?

ARRETONS CETTE INDIGNITÉ !

Chaque personne soignée et guérie en France devient témoin des valeurs qui sont pour nous celles de la République : « RESPECT DES DROITS DE L’HOMME (et en particulier du droit à la santé), EGALITE, FRATERNITE »

LES ETRANGERS MALADES DOIVENT POUVOIR SE SOIGNER EN FRANCE !
HALTE AUX EXPULSIONS D’ETRANGERS MALADES !
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Message par Flo » 05 mai 2013 01:06

La famille Amor doit rester ici et y être régularisée

La famille Amor, d’origine et de nationalité Tunisienne, a vécu et travaillé 23 ans en Italie. Les trois enfants – Alexandro, 18 ans bientôt, Sonia, 12 ans, et Ihab, 6 ans – y sont nés. Actuellement, les parents sont titulaires d’une carte de séjour de longue durée en Italie, valable jusqu’à 2019. Auparavant, dans les années 70, M.Amor avait vécu 6 ans dans le nord de la France et en Belgique, où il a achevé une formation professionnelle d’ébéniste.

Travaillant dans le bâtiment et véritablement polyvalent, M.Amor a perdu son emploi en Italie il y a deux ans, du fait de la faillite de son employeur. Ayant de nombreux parents en France et connaissant déjà notre pays, il a logiquement cherché à y trouver du travail en janvier 2011. Il s’est établi à Chalon Sur Saône, où un employeur l’avait embauché au printemps pour un CDD dont il garde les bulletins de salaire, et il a fait venir sa famille. Son tort – si tort il y a – est d’avoir déposé une demande de carte de séjour au-delà des limites légales, c'est-à-dire début sept. 2011, pensant que sa carte de résident en Italie lui épargnait cette obligation. Il a obtenu un RV à la Préfecture de Mâcon en janvier 2012 … et il n’a plus entendu parler de sa demande jusqu’à janvier 2013, où il a reçu un « arrêté de refus de séjour et de remise », suivi fin mars d’une assignation à résidence. Depuis le 29 mars, les parents pointent tous les jours au commissariat de Chalon Sur Saône.

Un tel refus de séjour est intolérable : parce que cette mesure fait revivre, à l’échelle de l’Europe et à l’égard des ouvriers étrangers, un enfermement dans un pays de résidence en tous points comparable à ce à quoi contraignait le carnet de travail au XIXème siècle ; parce que la famille vit en parfaite harmonie avec son environnement social ; parce que le droit à l’instruction des enfants est une nouvelle fois sacrifié aux impératifs de la xénophobie d’Etat.

A Chalon, l’indignation et la solidarité se sont manifestées aussitôt l’assignation à résidence connue : le pointage au commissariat, qui a commencé le 29 mars 2013, se fait toujours en présence d’un groupe d’amis et de gens solidaires. Un rassemblement a eu lieu devant l’Hôtel de Ville de Chalon Sur Saône, et le député-maire de la ville est intervenu auprès du Préfet de Saône-et-Loire. Une pétition a déjà recueilli plus de 1.500 signatures sur les marchés de la ville et aux entrées des lycées, demandant à la Préfecture de suspendre la procédure d’expulsion vers l’Italie et de régulariser la famille. Les copains et copines de classe des deux aînés ont signé massivement pour qu’ils restent ici. Les voisins d’immeuble de la famille ont tous signé une belle lettre de solidarité.
Nous proposons ici d’élargir ce combat : pas d’expulsion, régularisation pour la famille Amor. C’est pourquoi :

- Nous mettons ici en ligne, sur le site RESF, la pétition en ce sens qui circule déjà à Chalon (voir + haut) ; vous la trouverez ici : http://www.educationsansfrontieres.org/ ... 46679.html
- Et c’est pourquoi nous demandons à toutes celles et tous ceux désireux/désireuses de marquer davantage leur solidarité avec cette famille d’écrire courtoisement à monsieur le Préfet de Saône-et-Loire pour lui demander de reconsidérer le dossier de cette famille.

RESF Chalon Sur Saône


Mails de la préfecture de Saône-et-Loire
Pour M. le Préfet de Saône-et-Loire : écrivez à courrier@saone-et-loire.pref.gouv.fr avec en sujet : A l’attention de Monsieur Fabien Sudry, Préfet de S.&L. / Au sujet de la famille Amor de Chalon/S, assignée à résidence
Pour Mme Magali Sellès, Secrétaire Générale de la Préfecture : magali.selles@saone-et-loire.gouv.fr
Pour Mme Isabelle Régnier, responsable du Service des étrangers : isabelle.regnier@saone-et-loire.gouv.fr
Fax de la Préfecture de Saône-et-Loire : 03 85 39 17 16
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Message par Flo » 19 juin 2013 00:20

NI DEMANDEURS D'ASILE A LA RUE, NI DROIT D'ASILE DANS LE CANIVEAU !
UN LOGEMENT POUR LA FAMILLE V. !


Le printemps revient, et avec lui des familles entières de demandeurs d'asile à la rue, avec enfants. Aux termes de la convention internationale sur les réfugiés de 1951 qu’elle a signée, la France est tenue de prendre en charge les demandeurs d'asile qu’elle accueille, de garantir leur droit à une procédure équitable, et aussi à une prise en charge complète : logement, santé, sécurité. Mais après la droite, la « gauche » de gouvernement s’assoit là-dessus.

En particulier, pour les demandeurs d'asile venant d’un pays dit «sûr» - escroquerie mise en place par la droite, et jusqu’ici pieusement conservée par la « gauche » – aucun droit à un logement en centre d’accueil n’est donné, au plus un hébergement d’urgence … s’il y a de la place.
Par conséquent tout réfugié Arménien, par exemple, après avoir fui un des pays les plus mafieux et les plus corrompus issus de l’ex-URSS, a tout juste le droit de crever sur place, en préparant son dossier de demande sur le trottoir …C’est ce qui est en train d’arriver, à Chalon, à la famille V, qui a dû quitter son pays précipitamment, sous la menace de réseaux politico-mafieux locaux. La Préfecture de SetL, auprès de laquelle elle est régulièrement enregistrée comme demandeuse d’asile, lui refuse tout hébergement. Elle semble estimer qu’en cette saison « estivale », les 3 enfants de la famille – resp.13, 12 et 10 ans – ne sont pas trop jeunes pour coucher dehors …

Cette situation est inacceptable, totalement attentatoire au DROIT D'ASILE ! Nous vous proposons de la refuser avec nous, et d’exiger que prévale ce droit que nous estimons fondamental.
SIGNEZ LA PETITION QUE NOUS PROPOSONS
POUR EXIGER LE LOGEMENT ET LA PRISE EN CHARGE DE LA FAMILLE V !

http://www.avaaz.org/fr/petition/Un_log ... stre/?copy

ENSEMBLE FAISONS VIVRE LE DROIT D'ASILE !

resf Chalon
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Message par Flo » 22 juin 2013 14:11

NI EXILES A LA RUE, NI DROIT D'ASILE AU CANIVEAU, FAISONS VIVRE LE DROIT D'ASILE !

L'Association de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés de Chalon/S. (ASTI), la Ligue des Droits de l'Homme, section de Chalon/S.(LDH), et le Réseau Education Sans Frontières de Chalon/S.(RESF), cosignent la lettre ouverte qui suit, adressée à Monsieur Christophe Sirugue, Maire de Chalon-Sur-Saône, Député de Saône et Loire, Vice-Président de l'Assemblée Nationale, et qui lui a été transmise hier, à l'occasion de la 20ème journée mondiale des réfugiés.

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Monsieur

Voici plus de deux semaines que RESF-Chalon fait signer régulièrement des pétitions devant l’Hôtel de Ville de Chalon Sur Saône. Nous voulons en effet, comme plusieurs centaines de nos concitoyens, que Monsieur le Préfet de Saône-et-Loire loge et fasse prendre en charge la famille V, famille de demandeurs d'asile d’origine arménienne arrivée chez nous à la mi-mai 2013 et comprenant 3 enfants âgés de 10 à 13 ans. Il en a l’obligation légale de par la Convention de Genève sur les Réfugiés de 1951 d'une part, et de par la Charte des Droits de l’Enfant d'autre part.

Nous récusons d’avance tout discours sur l’insuffisance des structures d’accueil de la part de la Préfecture. Déjà parce que la pénurie dont elle se plaint et qu’elle met en avant comme alibi de sa gestion des demandeurs d'asile est l’aboutissement de décennies d’incurie de la part de l’Etat. Et ensuite, nous ne comprenons pas que, pour les sans-logis Français tout autant que pour les familles de demandeurs d'asile dans le cas qui nous occupe, des mesures de réquisition ne soient pas prises. Après tout, de telles mesures ne sont-elles pas mises en œuvre lorsque des catastrophes jettent des gens sur le pavé ? Un droit est un droit, et il est de la responsabilité de la puissance publique de le faire respecter.

Nous savons que par son refus d’hébergement, la Préfecture de Saône-et-Loire travaille sur ordre de M. le Ministre de l’Intérieur. Celui-ci a résolu, tout comme ses prédécesseurs de droite, de régler le problème des demandeurs d'asile dans les régions de l’est de la France et dans ses grandes villes … en supprimant une bonne partie de ce qui fait justement le droit d'asile. C’est simple, il suffisait d’y penser. La droite avait déjà commencé par décréter ex-abrupto - et sans que l’on sache bien sur la base de quels critères - que certains pays étaient « sûrs » ; et en conséquence, pour les gens originaires de ces pays, avait été calibrée une procédure sur mesure, dite « procédure prioritaire », totalement attentatoire aux droits : pas de recours effectif possible en cas de décision négative de l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides. Nous nous souvenons que notre Président avait contesté cette notion de pays sûr. C’était avant son élection…

Aujourd'hui : nouveau pas « en avant », si nous osons dire. Cette fois, l’attaque porte sur le droit au logement, pour tous les primo-arrivants, déjà, durant les premières semaines de leur arrivée en France ; mais aussi tout spécialement pour les exilés décrétés originaires d’un pays dit « sûr ». Préparer son dossier de demande d’asile sur le trottoir, en famille, voilà une façon « apaisée » de faire vivre le droit d'asile !

Revenons à la famille V. Au vu de sa non prise en charge nous, de RESF Chalon, nous nous sommes souvenus, Monsieur le Maire, de votre intervention fort efficace en faveur de deux familles de demandeurs d'asile en septembre 2012. Nous vous avons donc demandé dans le cas qui nous occupe d’user de votre position de maire de la ville, pour remédier à cet état de fait choquant. Entendons nous bien : nous ne vous demandons pas ici de vous substituer à l’Etat dans ses responsabilités d’hébergeur des demandeurs d'asile, nous vous demandons de remédier à une situation inacceptable que l’attitude de la Préfecture laisse se développer sur le territoire de votre commune, en exerçant sur elle les pressions nécessaires à ce qu’elle finisse par prendre ses responsabilités. Monsieur Gomet et madame Verjux-Pelletier ont effectivement téléphoné à la préfecture de Saône-et-Loire, laquelle a maintenu sa position. Mais depuis le 7 juin, plus rien, nous n’avons plus de nouvelles ni de la préfecture par votre intermédiaire, ni de vous même directement, bien que nous passions entre une et deux heures chaque jour devant l’Hotel de Ville en compagnie de la famille concernée, à faire signer une pétition de soutien exigeant leur hébergement.

Nous nous adressons aussi, Monsieur, au vice-président de l’Assemblée Nationale que vous êtes par ailleurs. Au-delà de la Préfecture, c’est toute une politique et du droit d'asile et du droit de l’enfant qui est en jeu. Acceptez-vous vraiment que cette politique prenne – et de plus en plus au grand jour - le tour violent qu’elle prend actuellement, en mettant des enfants à la rue ? Vous et vos amis, êtes-vous vraiment certain, en reprenant à votre actif les pratiques que nous dénonçons ici, de parier sur l’avenir ? Ne pensez-vous pas qu’une telle politique pave actuellement la route à des gens fort inquiétants ?

Voilà pourquoi, au nom des valeurs d’accueil, de solidarité et d’égalité des droits qui sont les nôtres, nous vous demandons avec insistance de reprendre en mains ce dossier :

- De tout faire, et à tout niveau de responsabilité nécessaire, pour que la famille V soit hébergée et prise en charge, comme d’ailleurs toute famille de demandeurs d'asile avec enfants, dans un premier temps. Nous ne devrions plus avoir la honte de voir de famille comme celle-ci à la rue comme c’est le cas actuellement ;

- D’agir dans la mesure de vos moyens au niveau de l’Etat central qui est aussi le vôtre, afin que le droit d'asile, après des décennies d’attaques, retrouve chez nous la réalité qui a fait longtemps honneur à notre pays : fin de la liste des pays dits « sûrs », généralisation d’un droit effectif à recours en cas de rejet d’une demande par l’OFPRA (ce qui n’est plus le cas actuellement, et dont se plaignait notre Président ; encore une fois avant son élection), extension des moyens d’accueil.

Nous vous remercions, Monsieur le Maire et Vice-Président de l’Assemblée Nationale, de l’attention que vous voudrez bien porter d’une part aux problèmes actuels du droit d'asile en France en général, d’autre part au problème d’hébergement de la famille V chez nous en particulier.

Nous sommes à votre entière disposition pour discuter - avec vous cette fois - du cas de cette famille, et nous nous permettons même de solliciter ici de votre part une entrevue aussi rapprochée que possible, en fonction de vos possibilités bien sûr (il y a en effet urgence à résoudre cette situation).
Soyez assuré de nos sentiments les plus déterminés à ce que vive le droit d'asile.

L’Association de Solidarité avec les Travailleurs Immigré, de Chalon Sur Saône ; La Ligue des Droits de l’Homme, section de Chalon Sur Saône ; Le Réseau Education Sans Frontières de Chalon Sur Saône


___________________________________
Ne laissons pas la gauche de gouvernement détruire le droit d'asile !

Sur Mâcon-Infos :
http://www.macon-infos.com/article.php? ... 76&thold=0
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Message par Flo » 07 juil. 2013 15:30

Merci de signer et faire signer la pétition dont voici le lien
http://resf.info/P2562

Les parents avec un fait nouveau saisissent une 2ème fois l'OFPRA qui rejette leur demande.
Le Préfet les sort du CADA, les met à l'hôtel, prend un arrêté d'OQTF et les assigne à résidence,
avant qu'ils aient le temps de saisir le T.A de Dijon contre l'OQTF, et la CNDA.

Ci-dessous le texte de la pétition
Risque d'expulsion d'une famille arménienne assignée à résidence et vivant à Montceau les mines depuis 3 ans.
La famille T. a reçu une Obligation à Quitter le Territoire Français (OQTF). Le Préfet les a sortis du Centre d'Accueil des Demandeurs d'Asile (CADA) puis les a assignés à résidence le 7 juin 2013. Ils vont pointer chaque jour au commissariat de Montceau les mines à 11h, et ceci peut-être pendant 2 fois 45 jours - une assignation à résidence est de 45 jours et peut être renouvelée - seront-ils expulsés avant ! C'est ce que nous redoutons de plus en plus. Les parents sont arrivés il y a 3 ans, ils ont 2 enfants, 5 et 3 ans.
Cet arménien, policier en Arménie, a fui son pays car il a refusé d'obéir aux ordres de tirer sur la foule violemment dispersée le 1er mars 2008, au lendemain de l'élection du Président SARKISSIAN, qui à cette occasion avait décrété l'état d'urgence en Arménie.
Arrêté, battu pour qu'il signe des aveux sur des accusations imaginaires, quelqu'un lui a heureusement laissé une porte ouverte. Il a pu s'évader, se cacher puis venir en France en août 2010. Il a su qu'un de ses collègues a été condamné à 11 ans de prison pour les mêmes raisons. Voilà ce qui l'attend en cas de renvoi en Arménie: la prison.
Après avoir envoyé cette OQTF et malgré le dépôt d'un recours par la famille Tamazyan pour abus d'autorité au Tribunal Administratif de DIJON, le Préfet a introduit une procédure d'expulsion par assignation à résidence et sans attendre la réponse du Tribunal Administratif et celui de la Cour Nationale des Demandeurs d'Asile (CNDA).
Cette famille doit rester en France et se re-construire, leurs deux enfants sont scolarisés à l'école maternelle du quartier des Gautherets de Saint-Vallier. La maman enceinte de 6 mois attend un autre enfant pour le mois de septembre 2013. Un enfant est né ici, il a vocation à devenir français.
Même si nous ne comprenons pas pourquoi l'asile politique n'a pas été accordé, nous demandons instamment au Préfet la régularisation à titre humanitaire de cette famille estimée de tous ceux qui les connaissent, en appliquant le Code d'Entrée et du Séjour des Demandeurs d'Asile (CESEDA), car enfin cet homme s'est mis en danger pour les mêmes valeurs humanistes inscrites dans notre Constitution Française. Monsieur le Préfet ne faites pas participer la France à la répression qui l'attend en cas de retour en Arménie.
________________________________
A voir cette vidéo sur Youtube : manif d'Arméniens devant l'OFPRA il y a quelques jours, pour exiger le retrait de l'Arménie de la liste des pays dits "sûrs".

https://www.youtube.com/watch?v=iQ7SXKx1YZY
________________________________



Bonjour
Nous avons maintes fois expliqué, ici et ailleurs, combien les mesures prises sous la droite concernant la liste des pays dits "sûrs" et la "procédure prioritaire" pour les exilés originaires de ces pays attaquaient gravement le droit d'asile. Cette liste est établie par l'Office Français de "Protection" des Rapatriés et Apatrides (OF"P"RA)d'une façon totalement arbitraire. Elle enferme plus de 30% des demandeurs d'asile dans une procédure spéciale qualifiée de "prioritaire", à l'issue de laquelle ils sont quasiment assurés d'être rejetés par la seule OF"P"RA, sans avoir de fait droit à un recours effectif auprès de la Cour Nationale du Droit d'Asile comme c'est la norme. En effet, un rejet de l'OF"P"RA débouche automatiquement pour les intéressés sur l'éviction du logement (lorsqu'ils en ont un), la cessation de toute assistance financière et une Obligation de Quitter le Territoire Français (= ordre d'expulsion sous un mois). Depuis ce printems, grande nouveauté : les demandeurs d'asile originaires de pays dits "sûrs" ne sont plus du tout logés...
Une manifestation d'Arméniens contre cet état de fait scandaleux a eu lieu récemment à Fontenay-Sous-Bois, devant le siège de l'OF"P"RA.
Vous trouverez ci-dessous le lien vers la vidéo de Youtube dans laquelle Gayané Akkus exprime le point de vue des gens présents, ainsi que le texte de son intervention.
Solidarité avec les exilés des pays dits "sûrs" !
RESF Chalon

La vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=7eCZ56zepsY

Texte de l'intervention :
Chers compatriotes, Sireli hayrenakicner,

Pourquoi nous sommes nous réunis aujourd'hui ici ? Face à l'Ofpra ! Pour dénoncer un arrangement politique ! Nous nous sommes réunis pour clamer la vérité !
Ici, face à l'Ofpra, nous exigeons le retrait de l'Arménie de leur liste de pays sûrs. Et oui, l'Arménie est, selon l'Ofpra un pays libre. Intéressant. D'autant plus si nous nous penchons sur la définition qu'à L'OFPRA d'un pays libre. Permettez-moi de vous la lire :
« Au sens de l'article L.741-4,2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un pays est considéré comme sûr "s'il veille au respect des principes de liberté, de la démocratie et de l'état de droit, ainsi que des droits de l'homme et des libertés fondamentales".
Donc, en Arménie, les principes de liberté ne sont en aucun cas bafoués et la démocratie est respectée. Expliquez-moi pourquoi vous tous, nous tous sommes-nous ici aujourd'hui ? en France ? Pourquoi tant de réfugiés politiques alors ? Pourquoi tant d'injustices dans un pays, soi-disant, libre et sur ?
Alors je vous demande à vous, rassemblés aujourd'hui ici, l'Arménie, notre pays, est-ce un pays démocratique ? Respecte-t-on les droits de l'Homme ? NO
Bien sûr que non ! Nous pouvons vous prouver que les dirigeants politiques arméniens n'incarnent ni n'appliquent aucunement la démocratie. Mais vous, vous qui prétendez que l'Arménie est un pays sur et libre, pouvez-vous nous prouver ce que vous avancez ? Mesurez-vous seulement les conséquences de ce mensonge ? Arménie pays libre.
Tellement libre que le 18 Août 2012, Vahe Avetyan, a été frappé à mort dans le restaurant, lieu public donc, d'un oligarque ! Et jamais justice n'a été rendu. Alors dites-nous, peut-être qu'on ne comprend pas bien, mais expliquez-nous : c'est ça un pays sûr ? Démocratique ?
Nous n'oublions pas non plus le maire de Proshyan, qui s'est fait assassiné le 2 avril 2013. Assassinat politique. Et Encore une fois, aucune justice n'a été rendue.
Les événements de Goris, les événements qui se déroulent au service militaire, les enfants des villages qui ne peuvent pas aller à l'école parce qu'ils doivent travailler dès leur plus jeune âge pour aider leur parent.... C'est ça un pays libre ? De droit ? etc
Et je pourrais, malheureusement, continuer de citer plusieurs autres victimes de ce système politique totalitaire. Mais je pense que ceci est suffisant pour justifier la raison de notre rassemblement aujourd'hui. Ce n'est pas parce que nous sommes ici aujourd'hui, réunis en France, que nous n'aimons pas notre pays, l'Arménie. Au contraire. Nous sommes les premiers à souhaiter que notre état soit démocratique et que les gens puissent y v vivre dans des conditions normales. De manière égalitaire.
Si c'était vraiment le cas, pourquoi sommes-nous là ? Aidez-nous, aidez-nous à faire de notre pays un vrai état indépendant et respectant les droits de ses propres citoyens. Aidez-nous à ne plus être une des marionnettes de la Russie. Et là, nous retournerons, nous irons de nouveau vivre chez nous, dans notre pays.
Mais tant que les injustices, les crimes politiques, la corruption seront les maîtres mots de nos dirigeants, jamais l'Arménie ne pourra aller de l'avant et personne ici ne souhaite ceci. Donc, cher français, cher françaises, ne vous laissez pas leurrer par nos politiques. Montrez-nous votre soutien, soyez à nos côtés, défendez avec nous les principes de liberté et vous aiderez un peuple, une nation qui a soif de liberté et de démocratie, à s'épanouir et se développer.
Voilà pourquoi aujourd'hui nous exigeons l'arrêt de ce mensonge. Arménie n'est pas un pays libre, croyez nous, lorsque ce jour viendra réellement, nous serons les premiers à le clamer !
Shnoragalucyun
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Message par Flo » 21 août 2013 22:04

Appel de RESF Chalon
HALTE AUX EXPULSIONS ! SONIA, IHAB ET LEUR PARENTS DOIVENT RESTER EN FRANCE !

La famille Amor, déjà assignée 45 jours à résidence au printemps, se retrouve sous le coup d’une nouvelle assignation depuis le 21 août, en vue de son expulsion. Originaire de Tunisie, cette famille a vécu et travaillé plus de 20 ans en Italie, où ses 3 enfants (18 à 6 ans) sont nés, et où les parents sont titulaires d’une carte de séjour à durée illimitée. En 2011, Habib Amor est venu chercher du travail en France. La famille s’est installée à Chalon, où les 3 enfants sont scolarisés.

Avec d’autres associations (LDH, ASTI, FCPE71), nous avons écrit au Préfet de SetL pour solliciter son attention, et nous lui avons demandé à être reçus avec la famille par deux fois. Par ailleurs des rassemblements ont eu lieu, une pétition a déjà rassemblé 1.800 signatures (Voir ci-dessous) : la réponse de la Préfecture est cette nouvelle assignation à résidence. Tous les jours à 8h30 du matin (heure obligatoire "bien choisie" !...) les parents doivent venir pointer au commissariat de police de Chalon, en attendant d’être cueillis un beau matin à l’heure du laitier et expulsés sous bonne escorte.

NE LAISSONS PAS FAIRE ! SOYONS SOLIDAIRES DE LA FAMILLE AMOR !

MALGRE L’HEURE DIFFICILE,
ACCOMPAGNONS LES PARENTS AU COMMISSARIAT SAMEDI 24 AOUT A 8H30
(Rue du Docteur Emile Roux)
ET AUSSI LES JOURS SUIVANTS

mais également : SIGNONS ET FAISONS SIGNER LA PETITION CONTRE L’EXPULSION DE CETTE FAMILLE ET POUR SON MAINTIEN ICI
(sur internet : http://resf.info/P2528)
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Message par Flo » 10 sept. 2013 00:29

FAMILLE AMOR : UN SUCCES QUI NOUS ENGAGE

Grâce à la mobilisation de l’ensemble des accompagnants de la famille Amor, assignée en résidence par la Préfecture de Saône-et-Loire, les résultats suivants ont été obtenus :

Déjà, cette seconde assignation à résidence a été abrogée par la Préfectrue ;
Et ensuite, il a été donné comme directive à la famille de revenir temporairement en Italie en en rapportant la preuve administrative, ce qui fut fait (et c’est dans l’assurance d’un retour effectif que nous avons un peu attendu avant de donner le contenu de la solution choisie par la Préfecture). Ce retour « prouvé » leur ouvre un nouveau délai de trois mois pour déposer une nouvelle demande de carte de séjour chez nous.
Que la famille aie pu revenir à Chalon en n’étant plus menacée d’une expulsion immédiate est un succès, notre succès à tous, mais un succès dont il convient de mesurer les limites et ce à quoi il nous oblige : aussi bien Samira qu’Habib Amor ont trois mois pour trouver une promesse d’embauche (sous condition d’obtention d’un titre de séjour) auprès d’un employeur, condition n°1 de possibilité d’une nouvelle demande de titre de séjour autorisant à travailler.

Nous renouvelons donc notre appel antérieur à toutes celles et tous ceux qui se sont montrés, d’une façon ou d’une autre, solidaires de la famille Amor durant son assignation à résidence, à chercher autour d’elles / eux, dans leurs réseaux de relations personnelles, un employeur qui serait susceptible d’embaucher et d’employer de façon durable Samira (métiers de services à la personne) et/ou Habib (métiers du bâtiment, de préférence hors maçonnerie), et à nous contacter.

D’ailleurs, ils sont d’ici, ils sont de chez nous !

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Message par Flo » 02 oct. 2013 22:13

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Roms : la commune humanité bafouée

Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.

Cela, nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il importait déjà de se dresser en opposition à la politique de stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la responsabilité du président de la République et de son premier ministre par leur ministre de l’Intérieur.

Manuel Valls renoue en effet avec une rhétorique qui avait mené un de ses prédécesseurs à la présidence de la République, et la République au bord de l’abîme. Or combien sont-ils, ceux qu’on veut expulser? 12 000 ? 15 000 tout au plus ? Sont-ils à ce point une menace pour l’ordre public qu’il faille impitoyablement les déloger sans solution de rechange ?

Si les nouveaux responsables invoquent autant la sécurité que les anciens, ils revendiquent (à l’instar de François Hollande pendant la campagne) un juste milieu entre « fermeté » et « humanité ». Mais qui peut croire que c’est pour leur bien qu’on détruit le lieu de vie de ces migrants ? En tout cas, pas les premiers intéressés. Car ils l’ont vite compris : si l’on se souciait tant de leur bien être, on ne les abandonnerait pas ensuite à leur sort, en oubliant de les reloger. Ils ne font qu’aller un peu plus loin. S’ils parviennent à se cacher, c’est au risque d’être encore plus abandonnés à eux-mêmes et privés des droits sociaux les plus élémentaires. Déplacer ainsi les gens, c’est bien sûr redoubler leur précarité, et faire obstacle à la scolarisation de leurs enfants.

Certes, Jean-Marc Ayrault préconise la concertation. Mais sur le terrain (faut-il s’en étonner ?), ces engagements ne sont pas respectés. Des centaines de familles se retrouvent dans des situations inextricables. À Lyon comme à Lille ou à Marseille ou en région parisienne, le travail des associations de bénévoles a été ruiné en quelques heures. En Essonne, plusieurs expulsions de bidonvilles ont eu lieu sur arrêtés municipaux, sans solution de relogement réel. Dans de nombreux départements, trop de communes tentent de ne pas scolariser les enfants Roms.

La majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez loin. La droite, en attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les urnes. En tout cas, les sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien – pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra récolter les fruits de cette politique.

En outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien au contraire. S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut rassembler, agir. Singer la droite ? C’est décidément un mauvais calcul.
Il ne suffira pas davantage de renvoyer cette réalité migratoire à son origine – en l’occurrence la Roumanie, ainsi que la Bulgarie. Comme dans de nombreux pays de l’Europe de l’Est, la violence ordinaire vis-à-vis des « Tsiganes » se poursuit et risque de s’intensifier à mesure que la situation économique se dégrade. En même temps, la légitimation par l’État français de leur caractère indésirable ne peut que renforcer ce racisme.

Surtout, plutôt que de faire peser cette migration sur les gouvernements nationaux d’origine, comme l’a fait le ministre de l’Intérieur, il faut faire valoir une responsabilité de l’Union au lieu de mettre en péril l’idéal européen en la réduisant aux politiques néolibérales sans même la caution des droits de l’homme. Bref, il faut que Viviane Reding, commissaire européenne aux Droits fondamentaux, parle haut et fort comme en 2010, et non qu’elle soit réduite au silence face à l’État français.

Nous ne ressentons pas moins d’indignation qu’alors ; en revanche, notre colère est plus grande. Pourquoi changer de Président, sinon pour changer de politique ? Or plus ça change, plus c’est la même chose : les Roms sont encore et toujours pris pour boucs émissaires. Au lieu de jouer à son tour sur les peurs et les ressentiments, ce gouvernement aurait pu faire le pari des valeurs démocratiques : la liberté et l’égalité, pour les Roms aussi. Nous en sommes loin. Après l’éviction de la droite éhontée, on assiste à l’avènement d’une gauche honteuse.

Aujourd’hui, nous voulons donc interpeller la majorité gouvernementale :
Rien ne vous oblige à ce choix. Il est contraire aux principes que vous revendiquez ; pour autant, il n’est pas davantage dans vos intérêts. Votre responsabilité n’en est que plus grande. Nous vous tenons donc comptables aujourd’hui, comme l’histoire vous tiendra comptables demain, de cette banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français, au mépris des leçons du passé et des menaces qui pèsent sur l’avenir.

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Message par Flo » 22 oct. 2013 17:49

Le non-courage politique
Après l’intervention de François Hollande
Communiqué du 19/10/2013

Hollande intervient à la télé pour démembrer une famille, celle de Léonarda autorisée à revenir en France sans ses parents et ses frères et soeurs. C’est la seule solution qu’il a trouvé face à l’émotion et à la mobilisation des lycéens devant l’expulsion de deux jeunes scolarisés, Khatchik lycéen de 19 ans, et Léonarda collégienne de 15 ans. Il affirme sa fermeté pour répondre aux attentes, montées en épingle par les sondages, des électeurs de droite, qui pendant plus de 10 ans ont entendu Sarkozy et Le Pen associer "immigration et insécurité".

"Je conduirai une lutte implacable contre l'immigration illégale" disait Hollande dans sa campagne. C’était son 50ième engagement et il s’y tient dans son application la plus stricte. Sauf que depuis des années, des militants PS, des responsables de ce parti, Manuel Valls lui-même à l’occasion n’hésitaient pas à soutenir publiquement, à parrainer, à écrire aux préfets pour demander la régularisation d’une famille, d’un jeune. Ces engagements, multiples et dans tout le pays laissaient croire aux électeurs de gauche que le PS au pouvoir en tiendrait compte dans sa gestion de l’immigration et qu’en particulier, il serait attentif aux situations individuelles des personnes vivant en France depuis des années. Une partie de l’opinion publique attendait très rapidement après la présidentielle quelques gestes forts dans ce domaine.

Mais Hollande applique son programme : il nomme Valls à l’Intérieur et laisse l’immigration à la charge de ce ministère. La législation votée sous les deux précédents gouvernements reste en place sans aucun changement. L’annonce d’une nouvelle loi est sans cesse repoussée aux calendes grecques. Et désormais le PS explique qu’il faut respecter la loi, celle là même dont ses membres ont combattu les effets concrets sur des êtres humains bien concrets eux aussi. La seule modification annoncée par Hollande est une accélération des procédures d’examen des demandes d’asile, pour que les enfants n’aient pas le temps de s’intégrer à l’école. Face aux situations désastreuses, les militants et responsables PS ont longtemps baissé les yeux et laissé faire, même si l’affaire de Léonarda et l'expulsion de Khatchik ont amené certains d’entre eux à se démarquer publiquement de Valls. Un premier pas faut-il espérer. Une circulaire de novembre 2012 est censée permettre quelques régularisations. Elle n’a pas force de loi et laisse la plus grande liberté aux préfets. La famille de Léonarda rentrait presque dans les clous très restrictifs de cette circulaire, le Préfet a décidé, en suivant les propos de son ministre de tutelle, que cette famille n’était pas « intégrable ». La scolarisation des enfants, l’avis des enseignants, la naissance d’un enfant en France, la présence de tous depuis cinq ans en France, n’existent pas, pire sont niés, refusés, exclus. Il est indispensable à la bonne marche de ce pays que cette famille soit expulsée vers le Kosovo, un pays pratiquement sans Etat dont on n’a pas besoin de demander l’autorisation pour accueillir ses prétendus ressortissants et dont le traitement fait aux Roms est reconnu carrément discriminatoire.

C’est la loi, disent Hollande et Valls. Une loi héritée de Sarkozy-Guéant et restée intacte. Et la procédure d’expulsion a été respectée : irruption de la police au domicile aux petites heures du matin, obligation de prendre rapidement quelques affaires et de laisser le reste derrière soi et même aller chercher l’enfant qui n’est pas au domicile. Bien sûr, le style de l’interpellation d’une gamine qu’on va saisir dans le bus au cours d’une sortie scolaire comme si c’était un dangereux criminel pour lequel toutes les forces de police doivent être mobilisées toutes affaires cessantes, est un peu choquant, même Hollande le reconnaît.

Mais ce n’est pas cet aspect, anecdotique, qui l’est. Ce qui est choquant c’est que la loi prescrive l’expulsion d’une famille qui vit ici depuis des années. Et c’est le manque de courage politique de ceux qui justifient ces lois, les font appliquer par leur administration et refusent de les changer.
RESF

------------------
Soutenons Lansana, futur papa menacé d'expulsion
Lansana, de nationalité guinéenne est maintenu au centre de rétention depuis 13 jours alors que sa compagne Matenin, de nationalité française, entre dans son septième mois de grossesse.
Son expulsion du territoire français est imminente, une tentative ayant déjà eu lieu le 2 Octobre 2013, deux mois avant la naissance de leur premier enfant.
Après trois ans de relation amoureuse, Lansana et Matenin découvrent qu'ils vont devenir parents et décident de tout faire pour pouvoir emménager ensemble.
Matenin obtient sa mutation pour Paris et rejoint Lansana dès le mois de mai. En attendant d'obtenir une réponse à sa demande de logement de fonction, ils se trouvent contraints de vivre séparément, hébergés respectivement chez des proches. Les futurs parents se retrouvent tous les jours et préparent ensemble l'arrivée du bébé.
Le 18 septembre, alors qu'il venait de se rendre à la mairie avec Matenin afin d'y reconnaître avec elle leur futur enfant, Lansana, en situation irrégulière, fait l'objet d'un contrôle. Arrêté, il se voit notifier une obligation de Quitter le Territoire Français prise par le Préfet de Paris et se retrouve très vite au centre de rétention de Vincennes.
Lansana est présenté devant le Juge administratif, puis devant le Juge des libertés et de la détention. Rien n'y fait, aucun n'envisage de le libérer ni de l'assigner à résidence.
Avant la naissance de leur enfant, et en l'absence d'un pacs ou d'un mariage, la vie familiale de Lansana et Matenin n'est donc pas reconnue sous prétexte qu'ils ne vivent pas sous le même toit.
Le cas de Lansana n'est pas isolé. La législation française oblige les parents d'enfants français à attendre la naissance de leur enfant pour faire valoir leur droit à un titre de séjour et devenir à ce titre inexpulsable.
L'expulsion de Lansana, à deux mois du terme, priverait une future mère et son enfant de la présence du père lors des dernières semaines de grossesse, au moment de l'accouchement et dans les mois suivants : une demande de visa en tant que parent d'enfant français nécessite la production d'un acte de naissance de l'enfant, et sera soumise à des délais de traitement par les autorités consulaires qui peuvent s'avérer très longs.

Lansana désire rester en France auprès de sa compagne enceinte et souhaite régulariser sa situation sur place. Il a échappé une première fois à une tentative d'expulsion en refusant d'embarquer, d'autres peuvent intervenir à tout moment.

Nous, signataires de la pétition, nous associons aux Amoureux au ban public pour exiger :
- la suspension de l'éloignement de Lansana
- l’abrogation de l’Obligation de Quitter le Territoire Français qui frappe Lansana
- la délivrance à son profit d’un titre de séjour « vie privée et familiale »

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